Lauréats 2003 Thème : La rencontre Catégorie – de 12 ans La rencontre dans le bus Le mercredi, quand je suis encore à moitié endormi Je prends le bus Je rencontre Marius Je me sens sûr Comme un pied dans une chaussure Je poinçonne mon ticket Et à ce moment je vais voler Je vois des mariés Des combats à l'épée Dans la voie lactée Un coucher de soleil Une vraie merveille Mais après, il faut tourner la page Car je suis arrivé Et c'est terminé Rémy Simonetti Catégorie 12-16 ans Le miracle d'un sourire Une jeune fille Une vielle dame Pour elle, le soleil brille Pour elle, tout se fane Toutes deux attendent Mais pas la même chose L'une de tout apprendre L'autre que sa tombe soit ornée d'une rose Il aurait pu ne rien arriver Mais en un sourire tout a changé La première aide la seconde Celle-ci parle de son passé La plus jeune s'imagine une seconde Le courage de son aînée, sa dignité Elle a vécu la guerre A vu mourir son pays Elle a perdu son mari et son petit Puis enfin a vu la colère De tous ces vaincus Qui devint leur salut « J'ai maintenant cent ans, je suis fatiguée. » Elle ne sort plus de chez elle L'autre réplique : « Vous devriez vous promener. La lumière du jour est si belle. » Soudain, au loin, un vrombissement La magie est brisée Le bus grâce auquel Elles se sont rencontrées Est finalement arrivé Leurs routes se sont séparées Elles repartent chacune de leur côté Mais elles savaient Que dans leurs cœurs Tout était changé Et que quand arrive l'heure Il faut se quitter. Isabel Sanches Catégorie Adultes Dans le même sens Ils allaient tous dans le même sens et moi je courrais avec eux reclus dans le courant, la mouvance il me semblait presque être heureux je décidais à contre sens d'un seul coup de me retourner pour voir quelle était l'existence de ceux que j'allais croiser me retourner face au monde bien rapidement me divisa quand je vis la foule à la ronde j'eus la phobie de l'agora qu'allais-je faire dites moi ? de toutes ces vies, toutes ces misères tous ces amours, tous ces mystères tout cela était un peu trop je me remis dans le bon sens et ne vis plus alors que des dos car ils allaient tous dans le même sens et moi, moi je courais avec eux je décidais de ralentir car rien au fond ne m'obligeait à suivre les autres sans rien dire sans demander où ils allaient de nouveau je fis volte-face mais cette fois-ci se passa bien allant moins vite, le face à face s'en trouva de beaucoup, moins craint j'avais enfin trouvé le temps dans cette vie contre la montre d'effacer ma terreur, de devancer les gens et de pouvoir enfin, aller à leur rencontre. Daniel Guiselin Prix spécial du jury Catégorie Adultes Haïkus-coups d'éclats de voies Tomber nez à nez Avec des rues enjouées où les statues roulent … C'est un tram, tram, tram Les visites glissent sur les rails Pas de drame, drame, drame. Les yeux en pare-chocs Déplacent de jour et de nuit Les transports intimes. C'est un tram, tram, tram Les amours glissent sur les rails Pas de drame, drame, drame. La vie coule à gué, Avec des pleurs et des rires, Via de belles escales … C'est un tram, tram, tram Les passants glissent sur les rails Pas de tram, tram, tram. Lionel Bernard